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Assez mentir 

 L’analyse sera mise en ligne ultérieurement.

En 1979, en collaboration avec Olga Wormser-Migot, Vercors rédige ce pamphlet pour dénoncer les révisionnistes qui nient ou atténuent l’Holocauste. Il  repart donc au combat, après avoir connu un relatif repli sur soi, du moins dans ses productions romanesques. Les années 70, moment de désillusions pour les intellectuels après le dernier séisme historique que constitua  l'étouffement du "printemps de Prague", ont en effet été l'occasion pour lui d'écrire des récits fictifs à caractère autobiographique, tels Le Radeau de la Méduse (1969), Tendre Naufrage (1974), même un récit d'enfance non publié, ou des récits fantastiques comme Les Chevaux du Temps (1977). A côté de ces publications, Vercors échangeait  aussi passionnément avec ses pairs au sujet d'interrogations matérialistes.

Pourtant cela ne signifie pas pour notre auteur qu'il fermait les yeux désormais sur la chose publique, bien au contraire. Pourquoi l'année 1979 fut-elle décisive pour que Vercors mette à nouveau sa plume au service de ses combats humanistes, et non plus seulement dans des interviews télévisées ou des articles de presse, comme il le fit durant les années 70 malgré ce repli sur soi dont nous parlions? Vercors s'effraya de la montée inexorable de la"Nouvelle Droite" de Benoit et Pauwels, qu'il évoquait déjà en 1975, et qui connut son apogée à l'été 1979 justement. Cette "Nouvelle Droite" recourait à une approche biologique pour expliquer l'humain, en s'appuyant essentiellement sur la génétique, l'éthologie et la sociobiologie afin d'étayer ses thèses racistes, avec l'appui de Robert Ardrey et du prix Nobel Konrad Lorenz.

Aussi Vercors fait-il entendre sa voix dans Assez Mentir! pour fustiger cette idéologie "illustrée naguère par les nazis". Et ce n'est pas un hasard si la même année, il écrivit Le Piège à loup, retour sur la Seconde Guerre mondiale, non pas comme ressassement stérile d'un homme profondément marqué artistiquement et personnellement par ce drame historique, mais comme urgence mémorielle, au moment où la littérature des années 80 se tournait aussi vers ce passé.

 

 

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