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 Vercors, compagnon de route du PCF

Vercors et le PCF

Dans l'entre-deux-guerres

De l'Occupation à 1956

Prit-il congé en 1958 (ou PPC)?

La morale et la politique

De l'impératif kantien et de ses limites

Transparence et vérité comme ethos personnel et professionnel

Vérité et politique et Du mensonge en politique (1954 et 1967, Hannah Arendt)

 

 

 

 

I Vercors et le PCF

1) Dans l'entre-deux-guerres

Au commencement de sa carrière, Jean Bruller s'agrégea à un réseau de sociabilité de gauche. Par héritage familial, il souhaitait un réformisme graduel de la société en vue d'une amélioration progressive des conditions socio-économiques de vie de la population. Dans les années 20, ce souhait d'équité entre tous les citoyens n'allait pas dans le sens du militantisme. Ce novice en la matière côtoya assidûment le radical Jules Romains, ainsi que Pierre de Lescure qui se rapprocha progressivement des communistes.

Au début des années 30, Jean Bruller lisait Le Populaire de Léon Blum, donnait ses préférences à une gauche modérée, admirait Aristide Briand. Après les émeutes parlementaires du 6 février 1934, et alors que de nombreux intellectuels qu'il connaissait adhérèrent aux idées du PCF, qu'ils prirent ou non leurs cartes, le dessinateur se rendit à plusieurs réunions au cours desquelles il entendit leurs discours ( à l'Union pour la Vérité et au CVIA). L'influence est alors indéniable quand on lit son argumentaire du Relevé trimestriel de l'hiver 1934 dans lequel il amalgama à ses pensées anciennes les propos qu'il entendit: les structures sociales actuelles étouffent le changement de l'homme et briment le progrès. Or, comme le stipula le titre de son chapitre de la fin 1934, "Rien n'est perdu".

A partir de 1935, Jean Bruller finit par s'engager avec ses dessins politiques dans l'hebdomadaire Vendredi (1935-1938). Ce qui lui plaisait particulièrement et qui eut sa faveur tout au long de son existence, c'était l'alliance des gauches. Le radical André Chamson, le socialiste Jean Guéhenno et la communiste Andréé Viollis dirigeaient ce journal de soutien au Front populaire, rassemblement des gauches pour lequel le citoyen Bruller vota et s'engagea jusqu'à l'Exposition universelle de 1937.

Pour une étude détaillée, voir  mon article "Jean Bruller face au bouillonnement poltique et intellectuel des années 30", dans La gauche des années 30, ouvrage collectif dirigé par Anne Mathieu et François Ouellet, Rennes, PUR, fin 2013.

 

2) De l'Occupation à 1956

Quand Jean Bruller mit en place les Editions de Minuit clandestines, il évolua dans de multiples réseaux, particulièrement proches des communistes (Voir la page sur cette maison d'édition, précisément les paragraphes sur "La Pensée libre" et "L'indépendance des Editions de Minuit?"). Cette Résistance intellectuelle solidaire aux côtés d'intellectuels communistes le marqua indubitablement, à cette époque-là, mais aussi pendant les décennies suivantes, ses discours dans les combats ultérieurs revinrent constamment sur cette expérience commune.

A la Libération, Vercors devint compagnon de route du PCF. Pour comprendre son positionnement, il faut saisir à quel point l'angoisse d'une 3e guerre dans un monde bipartite Est-Ouest l'étreignait. Cela ne l'empêcha jamais de prendre une position critique vis-à-vis du Parti, mais à la fois sans vouloir donner des armes aux anticommunistes. En n'adhérant pas au PCF, il espérait être un des médiateurs capable d'entraîner un dialogue entre membres et compagnons de route afin de rééquilibrer les décisions. Il croyait qu' en étant en dehors du PCF il aurait une marge de manœuvre pour réformer le système interne. A chaque événement qui montrait la satellisation du PCF au régime stalinien, quand les démissions et défections d'intellectuels se dénombrèrent en nombre de plus en plus important, Vercors persévéra dans la volonté d'un dialogue commun.

Dès 1947, il dirigea un recueil collectif, L'Heure du choix, pourvu des opinions de Cassou, Martin-Chauffier, Chamson, et Friedmann. Quoique soutiens du PCF, ces compagnons de route dirent leur scepticisme face aux méthodes du Parti. Cette critique collective fut réitérée, sans les deux derniers auteurs, dans La Voix libre en 1950. Un an plus tôt, Vercors et Cassou trouvèrent refuge dans la revue Esprit pour dire leurs inquiétudes face à l'affaire Rajk. Les commentaires de ces deux intellectuels divergèrent néanmoins radicalement: Cassou en vint à défendre Tito dans un acte de ralliement, rompant de facto avec le PCF, tandis que Vercors fournit un texte de même teneur que les précédents sur l'utilisation du mensonge en politique. Il s'insurgea là encore contre le mensonge comme méthode dévoyée. Mais lorsque Cassou lui demanda de soutenir son action en faveur de Tito, Vercors refusa, par crainte d'un affaiblissement du bloc de l'Est.

Quand il défendit Les Lettres françaises dans le procès Kravchenko en 1949, c'était au nom de l'honnêteté morale de ce journal. C'est sous cet angle qu'il témoigna et non, dit-il, pour apporter une opinion sur l'existence ou la non-existence de camps pénitentiaires en URSS.  Il affirma souhaiter l'ouverture d'une enquête publique à ce sujet.                  

Vercors adhéra à de nombreuses associations, certaines dans une connivence étroite avec le PCF comme le Comité national des écrivains (CNE), France-URSS, le Mouvement de la Paix. Vercors joua un rôle de premier plan dans ces instances entre 1945 et 1956.

Prenons l'exemple du CNE: dès la Libération, lui qui plaidait pour la pleine et entière responsabilité des écrivains polémiqua longuement à ce sujet avec Jean Paulhan qui démissionna du CNE avec d'autres intellectuels, à la grande inquiétude de Vercors qui y voyait déjà les fêlures de l'union de la Résistance. Cette première querelle fut suivie de bien d'autres au fil de ces dix années. Vercors les vécut systématiquement comme autant d'armes données au camp politique adverse. Il accepta à la fin de l'année 1952 de présider le CNE, fut intronisé dans cette fonction en janvier 1953 et dut faire face dès le lendemain à ce qu'il nomma l'Affaire Groussard (ou l'Affaire du CNE) dans son recueil de 1954, Les Pas dans le sable. Groussard invitait l'association à voter une motion contre l'antisémitisme des gouvernements de Prague et d'URSS, suite à l'affaire Slansky et à celle, prétendue, du "complot des blouses blanches". Le journal Les Lettres françaises refusa de publier sa lettre, Vercors s'opposa à ce vote, faute de preuves suffisantes.

A cette occasion, l'historien Jules Isaac s'étonna de la naïveté de Vercors. Voire de son aveuglement. Vercors lui répondit qu'il ne voyait pas dans cet antisémitisme une politique gouvernementale. Par sa décision, Louis Martin-Chauffier, l'ancien Président du CNE, et d'autres démissionnèrent. Vercors continua être à la tête du CNE jusque début juin 1956. Après les révélations du XXe Congrès du PCUS, Vercors s'attira les foudres d'Aragon par son discours à une assemblée exceptionnelle, par son exigence de rétablir la page du CNE dans Les Lettres françaises en guise de tribune libre, et quelques semaines plus tard, par sa défense de l'article "Au-dessus de la mêlée" du philosophe Marc Beigbeder.

Vercors instigua - avec Sartre notamment - une protestation contre l'intervention des chars soviétiques à Budapest en novembre 1956 pour écraser l'insurrection du peuple hongrois. De nombreux intellectuels s'éloignèrent du PCF, rompirent. Vercors, toujours sur sa ligne de réforme interne du Parti et dans son souhait d'unir les gauches, ne se détourna pas du PCF tout en condamnant la répression russe. Il maintint son voyage en URSS pour une exposition picturale impressionniste et cubiste prévue depuis longtemps. Il rencontra les écrivains soviétiques, avec l'espoir - vain - de provoquer un dialogue.

 

3) Prit-il congé en 1958 (ou PPC)?

Parut au tout début de l'année 1958 Pour prendre congé , dossier dans lequel il révèle ses rapports, souvent houleux, avec le Parti et les diverses instances dans son orbite, comme le CNE, le Mouvement de la Paix, France-URSS. Combattu par les communistes comme par les non communistes, malmené au CNE, il finit par refuser de demeurer une « potiche d’honneur », n'acceptant plus de garder « un bœuf sur la langue ».

Néanmoins, ce serait une erreur de penser que Vercors rompit avec le PCF. Il adressa son PPC aux membres éminents du Parti, dont Maurice Thorez. Il s'en éloigna certes, mais concomitamment proposa à Aragon de publier Le Périple, dénonciation de la torture au moment de la guerre d'Algérie, dans les colonnes du journal Les Lettres françaises pour éviter toute récupération politique. De même, il resta dans les associations proches du PC, et y prit même des responsabilités au moment du dégel en Union soviétique, tout en continuant à s'élever publiquement - et à s'éloigner de nouveau parfois aussi - contre les décisions politiques pour lesquelles il n'était pas d'accord.

Ce qu'il faut comprendre à partir de 1958, c'est que Vercors navigua entre le PCF et des voies dissidentes de la gauche, selon les combats à mener. Ainsi il se rapprocha de Jeanson et de Maspero pendant la guerre d'Algérie, approuvant leur radicalité et critiquant la frilosité du PCF, pendant qu'il mènera des actions communes avec le PCF lors de la guerre du Vietnam, ne serait-ce que parce que le consensus des gauches contentait ses vœux.

A partir de 1968, après l'invasion de la Tchécoslovaquie par le Pacte de Varsovie, Vercors se montra plus acerbe, sa correspondance autour de ces années-là avec André Wurmser l'atteste. Et il se rapprocha des dissidents du PCF qui fondèrent la revue Politique aujourd'hui après la suspension de Démocratie nouvelle par le Parti. Il tenta de défendre la ligne éditoriale de libre expression auprès de Roland Leroy, permanent du Parti et directeur de L'Humanité. Vercors collabora dès le premier numéro à Politique aujourd'hui. A partir du n°5 en mai 1969, il siégea au Comité de rédaction, et ce, pendant 10 ans.

 

II La morale et la politique

1) De l'impératif kantien et de ses limites

Comme d'autres intellectuels de son temps (par exemple Sartre), Vercors se donnait comme mission de veiller et d'alerter sur la dimension éthique que les appareils de partis n'intégraient pas. Les articles de Vercors de la décennie 1946-1956 se focalisent sur le mensonge en politique: Politique borgne et politique morale (1945), La fin et les moyens (1946), La morale et l'action (1947), Y a-t-il une morale éternelle? (article de 1947 paru dans son recueil Plus ou moins homme sous le titre Sur une conférence de Pierre Hervé). Tous ses articles furent insérés dans son recueil de 1950, Plus ou moins homme. Il inventa également le récit Un Mensonge politique édité dans le recueil de 1948, Les Yeux et la lumière, transformé en pièce de théâtre sous le titre Le Fer et le Velours que Vercors voulut faire jouer à Gérard Philipe en 1956 au moment du drame de Budapest.

En substance, le mensonge ne peut constituer un moyen pour parvenir à une fin, si noble soit-elle:

" [...] refusons, abominons toujours [l'hypocrisie] qui déguise en action hautement morale une noire canaillerie ou même, simplement, une action qui n'a d'autre but que de se conserver ou d'acquérir un avantage. Car le but ici [...], c'est de tromper le peuple".

Un peuple, poursuivit Vercors, qui voit la justice et la vérité bafouées, risque de se mettre à l'unisson de cette attitude et de tourner en dérision les plus grands sentiments. La contamination complète se remarquera quand le mensonge ne sera plus perçu comme une infâmie et quand les gouvernants mentiront en adressant un clin d'oeil complice à un peuple qui saura que le discours censé être vérité est un mensonge éhonté.

A lire ses articles, on voit que Vercors reprit l'impératif catégorique de Kant. Il l'expliqua d'ailleurs clairement. Cependant, il sut en écarter l'écueil. Le principe de vérité kantien ne suppose en effet aucun écart, quelles que soient les circonstances. Aussi une personne à qui un nazi demande si un Résistant s'est caché chez lui devra, selon le principe absolu de Kant, dire la vérité, tout en sachant qu'il vient par sa parole de mettre à mort ce Résistant.

Dans La morale et l'action, Vercors écrivit que Kant avait commis l'erreur de fonder cette morale "sur des prémisses "posées en principe", aussi est-elle discutable. Au lieu que cette aspiration des hommes, [...], c'est un fait, un fait établi dans tous les actes individuels et collectifs. [...] Ce n'est plus un commandement moral qu'il faut fonder en raison, mais une valeur d'expérience [...]". Aussi existe-t-il un droit à mentir par humanité:

"Auriez-vous donc trouvé infâme de mentir à la Gestapo? [...]

- Que le mensonge, dans toutes les consciences, doive être tenu et entretenu comme infâme, c'est bien une constante morale; mais, [...] puisque la gravité objective, puisque le danger social que le mensonge porte en lui, consistent non dans le mensonge en soi mais en ceci qu'il sépare au lieu d'unir, qu'il désagrège, mentir à l'ennemi, par sa propre volonté déjà séparé de vous, cela ne vous éloignera pas davantage. Ainsi un tel mensonge (le mensonge à la Gestapo) peut-il se faire sans que la conscience se condamne, ou plutôt celle-ci transférera l'infâmie qui s'y attache sur l'ennemi coupable de vous y avoir contraint. Tromper un simple adversaire est déjà grave: c'est augmenter la division [...]. Dans le cadre du monde, c'est pousser à la guerre [...]. Mais tromper un ami, des amis, le peuple, voilà qui doit demeurer, dans la conscience, infâme sans restriction".

 

2) Transparence et vérité comme ethos personnel et professionnel

L'écrivain insista sur le mensonge en politique, le mensonge d'un système, non celui d'un homme seul qui aurait commis une erreur. Pour autant, à lire sa prose complète, on sait que le mensonge personnel le taraudait. Son ethos est subsumé dans l'exigence absolue de transparence et de vérité. Etre et discours doivent coïncider totalement, doivent se refléter rigoureusement, dans une visée ressemblant à celle de Rousseau.

Dans sa pratique autobiographique constante, Vercors suggéra à quel point le mensonge le taraudait et ce, dès le plus jeune âge si l'on en croit son récit L'enfant et l'aveu (1947). Il se mit en scène comme un enfant qui mentit à ses parents sur ses résultats scolaires et qui falsifia ses notes. Il prit conscience, poursuivit-il dans d'autres récits qui sont autant de pièces d'un immense puzzle représentant son propre portrait, que le mensonge était infâme. Il se décida donc à accorder désormais actes et paroles dans son existence individuelle, auprès des autres. Il déplora sans cesse d'être confronté dans sa vie personnelle au mensonge proféré par l'autre. Il se présenta à l'inverse avec une probité intransigeante.

De cette narration rectiligne unique sourd toutefois une autre, double: celle des écrits autobiographiques et celle des fictions. Quand le mémorialiste parle, il ne dit pas tout, ou plutôt il dévoile de manière alambiquée et seulement une part de vérité des faits, comme si faire éclater la vérité était intolérable et impossible, par-delà même de possibles poursuites judiciaires. Quand l'écrivain recomposait la même histoire, il se situait alors au cœur d'informations véridiques partielles, clairement et nettement, et livrait sa vérité d'opinions. C'est une complexion propre à l'individu Vercors qui, dans le cadre privé, borna la vérité complète qu'il se refusait de voir, d'entendre. Il y a chez lui une sorte de clivage que sa prose exhibe, et  bien souvent malgré ses intentions.

Pourquoi passer par cet aspect personnel dans une partie dédiée aux liens entre morale et politique? Parce que, s'appesantit Vercors, cet ethos personnel consubstantiel à sa personne se prolongea dans son ethos professionnel. C'est la vérité qui le guida comme un veilleur dans son compagnonnage de route, c'est le mensonge qu'il traqua sans relâche, signifia-t-il. Il existe également comme un clivage entre cette abstraction idéelle (Vérité versus Mensonge) et le réel. Dans ce cadre-là, pour d'autres raisons que celles du cadre privé.

 

3) Vérité et politique et Du mensonge en politique (1954 et 1967, Hannah Arendt)

Il me semble que la pensée d'Hannah Arendt pourrait approfondir celle de Vercors. Je pose ici seulement les prémisses d'un autre chantier destiné à saisir la personnalité de l'homme et de l'intellectuel.

En 1954 puis en 1967, Arendt rédigea Vérité et politique (dans La Crise de la culture) et Du mensonge en politique. Dans le premier texte, elle distingua deux formes de vérité:

- Les vérités d'opinions, de croyances, de préjugés, de convictions. Ces vérités font florès, mais ne permettent pas un monde commun, parce qu'elles sont susceptibles d'engendrer la guerre de tous contre tous.

- Les vérités de fait : elles sont là objectivement, on ne peut les nier. Si elles n'existent plus, il n'y a plus de monde commun. Or, elles demeurent fragiles, menacées dans les sociétés modernes par manque d'informations ou bien malgré les informations.

Au cœur du véritable débat entre membres du PCF et compagnons de route se nichaient les vérités de fait. De nombreux intellectuels réclamèrent un droit de savoir sur ce qui se passait en URSS et dans les pays satellites. Il conviendrait d'analyser chaque article de Vercors pour en soulever les évolutions au fur et à mesure de l'accumulation des vérités de fait, pour étudier comment l'écrivain se saisit de celles-ci pour les restituer, les redimensionner dans un cadre plus abstrait sur la vérité et le mensonge. Cette étude permettrait de cerner le malaise de cet intellectuel face au poids de la guerre froide qui l'inquiétait grandement et qui le faisait se débattre dans un système binaire qui lui semblait indépassable.

 

Article mis en ligne le 19 août 2013.

 

 

 

 

 

 

 

 

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