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 La Danse des Vivants

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Pour une présentation très générale de cet album de la maturité...

 Nous vous conseillons de vous procurer l'édition publiée en 2000 qui offre le classement organisé de cette fresque inachevée et de lire l'excellente introduction incluse dans cet ouvrage:

Jean Bruller, La Danse des Vivants, Le Mans, Création & Recherche, 2000. Pour vous procurer l'ouvrage, écrivez à matiere@wanadoo.fr

  Allez lire mon article Anthropologie brullerienne, ou l'ambition morale d'un dessinateur de gauche: changer l'homme?

La composition de l’album

La Danse des vivants est incontestablement l’œuvre graphique la plus imposante de Jean Bruller, celle de la maturité personnelle et artistique.

Cette oeuvre s'ébaucha progressivement entre 1932 et 1938, sous forme de Relevés Trimestriels. Elle fut couronnée dès la première livraison par un projet global, celui de la peinture d'une sorte de « comédie humaine » à la manière de celle de Balzac et des Hommes de bonne volonté de son ami l’écrivain Jules Romains:

"de même qu'en une dizaine d'années Romains exprimerait, par son roman ,sa vision exhaustive de notre malheureuse espèce, de même dans un temps égal j'exprimerais la mienne - toutes proportions gardées- en ne me contentant plus du hasard de l'inspiration mais en l'infléchissant en un système cohérent, propre à l'exprimer, si possible, comme une totalité".

Le système d'ensemble se déclinait en planches s'insérant dans des chapitres arrêtés. Jean Bruller les publia par groupe de dix en un ordre qui ne préjugeait en rien l’organisation définitive, mais qui laissait une place prépondérante à sa liberté créatrice. Pourtant, il prévint que ce désordre n’était qu’apparent, et que l’homogénéité et le sens mûriraient au fur et à mesure.

 

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Une conception pessimiste du monde

Au printemps 1926, juste après la publication de son premier album 21 Recettes de mort violente, Jean Bruller, qui rétrospectivement se décrivit comme un jeune homme frivole et immature, fut brutalement frappé d’une angoisse existentielle. Ses albums suivants, Hypothèses sur les amateurs de peinture (1927) et Un homme coupé en tranches (1929), se nourrirent de ce tourment moral et philosophique. Mais c’est en particulier La Danse des vivants qui porte ce pessimisme profond aux accents pascaliens : l’homme, jeté dans ce vaste univers absurde où rien n’a de raison d’être, est faible et misérable. Il est un « condamné à mort » en sursis, selon le titre de l'un des dessins, insignifiant à l’échelle du Cosmos. Son existence est une longue suite de chaînes que la société lui impose et qu’il s’impose lui-même. Dans la société, l’homme se pare d’autres « chaînes adorées » par ambition et vanité. Les gloires et les honneurs avivent hypocrisies, mesquineries et compromissions. Titres et dessins créent souvent des discordances significatives.

On appréciera dans de nombreuses estampes la verticalité du trait qui écrase les hommes sous le poids de leur inexorable insignifiance dans un univers sans transcendance (« L’Ecole du découragement, ou les mauvaises fréquentations », Tristesse de l’astronome », « A la poursuite du néant, ou le retour sur soi-même », « L’athée », respectivement pp. 88, 91, 89 et 92).

A posteriori, Vercors épingla son angoisse existentielle qu’il définit comme une position sentimentale. L’Histoire lui fit remplacer ce pessimisme par la Résistance et l’action solidaire. Dès lors, il chercha la définition de l’homme, cet animal dénaturé (titre d’un conte philosophique de 1952, repris sous forme théâtrale en 1963, Zoo ou l’assassin philanthrope). Mais plutôt que de parler de rupture brutale au moment de la Seconde Guerre mondiale, il convient plus justement de déceler un humanisme déjà latent chez le dessinateur. Le dernier chapitre de La Danse des Vivants, inventé pour le Relevé Trimestriel de 1938, s’intitule « Rien n’est perdu ». Et, l’ironie et l’humour corrosif de ses dessins sonnent comme une réponse à ce non-sens. L’absence de sens de la vie et de l’univers se transforma à partir de l’Occupation en une quête de cette signification.

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Technique et fabrication

Lisez mon article « Jean Bruller-Vercors et l’imprimerie » dans L'écrivain et l’imprimeur, Rennes, Presses Universitaires de Rennes, Collection Interférences, 2010, pp. 337-358: je décline les trois parties comme suit : Jean Bruller, un artiste familier des ateliers d’imprimerie ; Le réseau auteur-éditeur-imprimeur ; Une étude de cas : les callichromies (1952-1958).

 

 

 

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