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je vends une partie de ma bibliothèque Vercors, précisément les archives les plus précieuses (albums de Jean Bruller, illustrations d'albums, ses dessins dans Vendredi et dans d'autres revues et journaux, callichromies, etc.). Si cela vous intéresse, écrivez-moi à nathalie.gibert@ac-rouen.fr

"Chaque jour, les beautés naturelles de la France, ses richesses architecturales sont ainsi peu à peu détruites et menacées par les intérêts financiers, ou par les fantaisies de propriétaires irresponsables" (Vercors, 1969).

Mise en ligne du 1er octobre 2018 : 1) Vercors et le transhumanisme (1/2). Cette première partie se focalise sur la définition du transhumanisme, son héritage passé que Vercors intégra à son système, avec un premier arrêt sur l'homme réparé selon notre auteur. Lorsque nos acquis sociaux chèrement gagnés par les générations précédentes sont de plus en plus mis à mal par les gouvernements successifs, il me semble intéressant de comprendre que réparer les vivants ne consiste pas uniquement à s'appuyer sur les progrès médicaux. Si l'on ne prend pas en compte le volet social, on passe à côté d'un réel primordial. Qu'en était-il de la pensée de Vercors? Mise en ligne de la seconde partie le 1er novembre 2) Mon précédent article Guerre aux démolisseurs montre que Vercors fit de l'écologie politique dans les années 70, mais il ne faut pas oublier non plus qu'il versait aussi vers l'écologisme comme je l'avais démontré ici. C'est vers cet écologisme que notre société actuelle nous dirige à coups de développement durable et de greenwashing afin de ne pas remettre en cause un modèle néo-libéral de croissance effrenée et d'accélération de la casse sociale. Les "petits gestes du quotidien" oriente le débat vers la culpabilité individuelle. Pour comprendre ce qui se cache derrière ceux qui  relaient cette morale dépolitisée du changement personnel, allez lire l'enquête fouillée "Le système Pierre Rabhi" (ou écouter cette vidéo), cette figure médiatique spiritualiste, appréciée de l'ancien ministre Nicolas Hulot,  qui enjoint la population à la sobriété heureuse quand Rabhi gagne entre 7000 et 10 000 € par mois en en reversant qu'une petite partie à ses associations. Cette contradiction entre ce réel et le discours moralisateur qu'il nous sert à l'envi est d'une indécence révoltante. A quand une véritable écologie politique qui intègre les notions de démocratie et de luttes sociales?

2) Récapitulatif des RV le 1er du mois 2017/2018.

3) J'ai participé au catalogue de l'exposition Le Magasin des petits explorateurs, qui se tient du 23 mai au 7 octobre au Musée Quai Branly à Paris. Mon article, situé aux pages 196 à 199, évoque Le Mariage de Monsieur Lakonik, et les images concernent cette bande dessinée, ainsi que Pif et Paf chez les cannibales et Baba-Diène et Morceau-de-Sucre.

 

 

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Ce site, ouvert le 10 juin 2006, propose une présentation générale de Jean Bruller-Vercors au-delà d’un double silence, un mot aux résonances profondes dans l’univers personnel et artistique de l’auteur : le silence qui le consacra comme un mythe de la Résistance, cet incontournable Silence de la mer publié clandestinement sous l’Occupation; et le silence, injuste, de l’histoire littéraire façonnée par une université peu intéressée par cet intellectuel et son oeuvre.

De 2006 à 2011,  j'ai mis en ligne une bio-bibliographie générale et un parcours de nombreux ouvrages dans la perspective d'un cheminement introductif à un univers plutôt que dans celle d'une étude exhaustive. A partir de 2011, date de la fin de ma thèse, libérée de l'orthodoxie majoritaire de l'Université et de ses acteurs, j'ai ajouté deux orientations:

- une perspective biopsychographique. Toute la philosophie de Jean Bruller-Vercors est la transcription autobiographique d'un homme à la croisée de trajectoires sociales, familiales, genrées, politiques, idéologiques. Sa philosophie est celle d'un individu que j'analyse dans les plis singuliers du social. Est-ce une interprétation excessive de ma part? Dans ce riche entretien de 1991, Vercors entérine explicitement ma démarche: "Chacune de mes expériences correspond à un personnage. C'est comme cela que travaille la majorité des écrivains: Flaubert avait répondu à cette question "Madame Bovary, c'est moi". Ceci est valable pour tous mes personnages".

- une perspective critique à l'aune des recherches actuelles: la période contemporaine vient de longues décennies du passé. Vercors était ancré dans une temporalité, ce qui explique certaines erreurs d'interprétations. Depuis, les recherches ont affiné, voire souvent rectifié les approches en tous domaines. Il n'empêche que la doxa conformiste de notre époque s'entête dans ce monde ancien largement démenti par les découvertes nouvelles, au point que les "idées zombies" empêchent toute progression humaniste (pour une explication du concept, que l'on peut utiliser dans d'autres domaines que l'économie, écoutez les premières minutes de cette émission) . La parole universitaire, parfois plus brullerienne que Bruller, quoique ponctuelle, perpétue une anthropologie erronée propice à l'immobilisme. C'est une hypocrisie de la recherche en sciences humaines que de se proclamer neutre. Je pourrais prouver à chaque exégèse que le discours est orienté, du niveau le plus explicite jusqu'au plus invisible lorsque la traduction de la pensée de Vercors est seulement expliquée sans pointer les questionnements possibles.

Au-delà de l'obsolescence compréhensible de certains pans de son oeuvre, des propos, des prises de position, des actes courageux de Vercors devancent grandement son temps. Ils sont d'une grande actualité et orientent notre monde vers un progressisme nécessaire. Je tente de le démontrer en convoquant des penseurs passés et contemporains, pour la plupart hétérodoxes et radicaux, ce qui ne signifie pas que j'adhère à l'ensemble de leurs concepts.

Ces diverses perspectives posent in fine la question fondamentale de la philosophie morale à laquelle Jean Bruller-Vercors était viscéralement attaché. Tiraillé entre des courants contradictoires, ce double artiste transmit les préconisations idéalistes et chrétiennes, tout en aspirant en grande partie à l'aboutissement anthropologique humaniste: libération de l'humain, respect de sa personne et de tous ses besoins fondamentaux comme condition de l'épanouissement de l'être moral et de l'exercice du  respect de l'autre, dignité (pour saisir les enjeux de ces deux anthropologies antagonistes, écoutez cette pertinente émission). Son élaboration complexe ne doit pas cacher l'essentiel de cet honnête homme : le dire théorique coïncide majoritairement avec le comportement. C'est dans cette alliance  concrète que réside son humanisme. 

(ma bio-bibliographie)

 

 

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  Les Brèves (février à juin 2012)