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A

Ernest AULARD

Ernest Aulard, « un des meilleurs imprimeurs de Paris », côtoie régulièrement Jean Bruller dans les années de l’entre-deux-guerres pour mettre sous presse les albums de dessins de ce dernier, en particulier ceux édités chez Paul Hartmann.

Une « sympathie mutuelle » naît alors entre eux et Jean Bruller voit progressivement « s’agrandir [les] établissements [de cet imprimeur], depuis le petit local dans une cour du Vieux-Colombier, jusqu’aux grands bâtiments de la rue Tournefort » (La Bataille du silence).

C’est donc tout naturellement vers lui que Jean Bruller se tourne lorsqu’il projette avec Pierre de Lescure de fonder la maison d’édition clandestine Les Editions de Minuit. De plus, Jean Bruller sait qu’Aulard a comme lui le goût de la « Belle ouvrage ». Or, il a justement la volonté de fabriquer « des volumes sur bon papier, typographie soignée, mise en pages élégante, couvertures rempliées » afin de « frapp[er] les imaginations ».

Dans La Bataille du silence, Vercors décrit affectueusement son « petit père Aulard » :

« un Normand d’origine populaire, le poil blond, le cheveu plat, le buste un peu corpulent, enjoué sans vulgarité, serviable sans être servile mais fier aussi de son insolence ».

En un « jour gris de novembre » 1941, Vercors évoque avec lui son « projet d’édition, à douze exemplaires, des trois contes d’Edgar Poe » et, d’ailleurs, Aulard imprimera ces textes illustrés par son ami dessinateur en avril 1942, puis Les Stances du vieux matelot de Coleridge en décembre de la même année.

Progressivement, Jean Bruller en vient à exposer la véritable raison de sa venue. Aulard « acquiesce d’enthousiasme », mais se résigne aussitôt à lui trouver un autre imprimeur qui n’aura pas comme lui cinquante employés dans ses ateliers :

« Un secret partagé par cinquante personnes cesse d’être un secret ».

Huit jours plus tard, Aulard emmène Jean Bruller chez l’imprimeur Oudeville qui « travaille seul, [et] n’imprime que des faire-part ».

Aulard offre le papier pour Le Silence de la Mer, premier volume des Editions de Minuit, et fournit à Oudeville les caractères. Il se rend même une fois Rue Vineuse pour faire une démonstration de brochage devant Yvonne Paraf et ses amies, néophytes en la matière.

Au printemps 1943, Aulard prend le relais d’Oudeville pour imprimer les ouvrages des Editons de Minuit :

« il tira lui-même le dimanche, à rideaux fermés, avec la seule aide de Pierre Doré [ son contremaître] et d’un vieux typo absolument sûr. On brûlera le soir tous les papiers et, le lundi matin, les reste du personnel ne se doutera de rien ».

A la Libération, quand Les Editions de Minuit deviennent une entreprise légale, Ernest Aulard détient des actions de cette « société anonyme au capital de 500 000 francs divisé en 500 actions de 1000 francs chacune » (Anne Simonin). 

 

 

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