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Les Editions Nathan consacrent le numéro supplément collège de la NRP de mars 2020 au Silence de la mer et aux autres nouvelles de la guerre et de la Résistance. Merci à l'équipe de la NRP pour ce bel envoi

 

1) Mise en ligne du 1er avril 2020: Vercors et sa philosophie d'après-guerre: une vision libérale?(2/2): suite et fin d'un article qui prend  toute son actualité dans le contexte de crise mondiale que nous traversons (crise sanitaire qui n'est qu'une première étape de crises plus graves engendrées par ce  monde néolibéral mortifère basé sur un système de destruction des écosystèmes, des animaux et des humains). Relisez mes articles Collapses et Ecologie et capitalisme ou l'oxymore impossible. Lois antisociales, démantèlement du système de santé public patiemment organisé depuis des décennies, manque de matériel indispensable, stratégie de contrôle social qui ouvre la voie à la surveillance généralisée, mesures liberticides... Lisez au moins le très bon article de Gaël Giraud. Le système capitaliste, fait social total,  conditionne les orientations économiques et le conformisme social et psychologique. Cette "métropandémie" (=pandémie causée par la métropolisation accélérée de ce village planétaire disneylandisé) est savamment occultée par une surresponsabilisation moralisante des individus, quand il conviendrait de politiser le geste et la pensée dans une dimension forcément conflictuelle. Quel rôle des intellectuels dans ce contexte? Contre ces intellectuels en quête d'une transition intérieure éthérée et privilégiée qui invisibilise violemment les inégalités sociales, certains autres, plus minoritaires (notamment Annie Ernaux, Didier Eribon, Edouard Louis, Nicolas Mathieu, Alain Damasio...), pointent depuis longtemps les véritables responsables. L' épisode 1 et l' épisode 2 de ce site nous offrent un humour caustique sur le sujet. Quid d'une  révolution des consciences liées au confinement? Efficacité de la stratégie de la masse critique (pour revenir au cœur de mon article de ce mois-ci)? Pas sans une réponse politique radicale (lire cet article), pas sans une politique de déconstruction des imaginaires façonnés par l'ordo-libéralisme (et les arts ont leurs rôles à jouer dans cette reconstruction d'autres imaginaires collectifs désirables: voir le hors-série "Le Réveil des imaginaires" de Socialter). Plus que jamais "La société ne peut pas continuer comme elle est. Le capitalisme sauvage ne peut pas être un futur" (Vercors, mars 1991).

Prochain RV au mieux mi-avril en ces temps de confinement, sinon comme d'habitude le 1er mai:  Colères, un Germinal des temps modernes?

(Pour rappel: 1er article: introduction générale des théories de notre penseur sur le capitalisme, 2e article: l'enfance du petit Jean dans un monde capitaliste, 3e article: Le capitalisme est-il soluble dans La Danse des vivants? 4e article:Visions intimes et rassurantes de la guerre 5e article: L'intrusion du capitalisme dans son conte philosophique Les Animaux dénaturés).

2) Allez écouter la conférence de Vercors sur son voyage en Chine.

3) Récapitulatif des RV le 1er du mois 2017/2019.

 

 

***

Ce site, ouvert le 10 juin 2006, propose une présentation générale de Jean Bruller-Vercors au-delà d’un double silence, un mot aux résonances profondes dans l’univers personnel et artistique de l’auteur : le silence qui le consacra comme un mythe de la Résistance, cet incontournable Silence de la mer publié clandestinement sous l’Occupation; et le silence, injuste, de l’histoire littéraire façonnée par une université peu intéressée par cet intellectuel et son oeuvre.

De 2006 à 2011,  j'ai mis en ligne une bio-bibliographie générale et un parcours de nombreux ouvrages dans la perspective d'un cheminement introductif à un univers plutôt que dans celle d'une étude exhaustive. A partir de 2011, date de la fin de ma thèse, libérée de l'orthodoxie majoritaire de l'Université et de ses acteurs, j'ai ajouté deux orientations:

- une perspective biopsychographique. Toute la philosophie de Jean Bruller-Vercors est la transcription autobiographique d'un homme à la croisée de trajectoires sociales, familiales, genrées, politiques, idéologiques. Sa philosophie est celle d'un individu que j'analyse dans les plis singuliers du social. Est-ce une interprétation excessive de ma part? Dans ce riche entretien de 1991, Vercors entérine explicitement ma démarche: "Chacune de mes expériences correspond à un personnage. C'est comme cela que travaille la majorité des écrivains: Flaubert avait répondu à cette question "Madame Bovary, c'est moi". Ceci est valable pour tous mes personnages".

- une perspective critique à l'aune des recherches actuelles: la période contemporaine vient de longues décennies du passé. Vercors était ancré dans une temporalité, ce qui explique certaines erreurs d'interprétations. Depuis, les recherches ont affiné, voire souvent rectifié les approches en tous domaines. Il n'empêche que la doxa conformiste de notre époque s'entête dans ce monde ancien largement démenti par les découvertes nouvelles, au point que les "idées zombies" empêchent toute progression humaniste (pour une explication du concept, que l'on peut utiliser dans d'autres domaines que l'économie, écoutez les premières minutes de cette émission) . La parole universitaire, parfois plus brullerienne que Bruller, quoique ponctuelle, perpétue une anthropologie erronée propice à l'immobilisme. C'est une hypocrisie de la recherche en sciences humaines que de se proclamer neutre. Je pourrais prouver à chaque exégèse que le discours est orienté, du niveau le plus explicite jusqu'au plus invisible lorsque la traduction de la pensée de Vercors est seulement expliquée sans pointer les questionnements possibles.

Au-delà de l'obsolescence compréhensible de certains pans de son oeuvre, des propos, des prises de position, des actes courageux de Vercors devancent grandement son temps. Ils sont d'une grande actualité et orientent notre monde vers un progressisme nécessaire. Je tente de le démontrer en convoquant des penseurs passés et contemporains, pour la plupart hétérodoxes et radicaux, ce qui ne signifie pas que j'adhère à l'ensemble de leurs concepts.

Ces diverses perspectives posent in fine la question fondamentale de la philosophie morale à laquelle Jean Bruller-Vercors était viscéralement attaché. Tiraillé entre des courants contradictoires, ce double artiste transmit les préconisations idéalistes et chrétiennes, tout en aspirant en grande partie à l'aboutissement anthropologique humaniste: libération de l'humain, respect de sa personne et de tous ses besoins fondamentaux comme condition de l'épanouissement de l'être moral et de l'exercice du  respect de l'autre, dignité (pour saisir les enjeux de ces deux anthropologies antagonistes, écoutez cette pertinente émission). Son élaboration complexe ne doit pas cacher l'essentiel de cet honnête homme : le dire théorique coïncide majoritairement avec le comportement. C'est dans cette alliance  concrète que réside son humanisme. 

(ma bio-bibliographie)

 

 

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Mes articles en ligne:

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Vercors et l'imprimerie

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  Les Brèves (février à juin 2012)