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 "tromper le peuple c'est, d'abord, se séparer de lui, mais surtout, c'est le diviser lui-même; le diviser en deux camps, celui des madrés, des fines mouches qui comprennent l'astuce, et celui des jobards qui se laissent abuser par les belles paroles" (La Morale et l'action, 1947)

 

1) Mise en ligne du 1er novembre 2020: Seconde partie de l'article Utopie post-capitaliste ou le "monde d'après" selon Vercors. La convivialité a disparu de notre monde hygiéniste et aseptisé, ou du moins elle est taxée d'immorale dans une acception étroite de ce qu'est la santé. Elle est devenue un fruit défendu dans ce monde de restrictions dangereuses des libertés. Comment, dans son "monde d'après", Vercors percevait-il les fruits défendus qu'analyse Thomas Bouchet dans son intéressant ouvrage sur le sujet? Quelle articulation entre l'individuel et le collectif dans son utopie? C'est le thème de la dernière partie de mon article.  

Prochain RV le 1er décembre: de 1992 d'André Maurois, roman d'anticipation illustré par Jean Bruller en 1929, aux Castors de l'Amadeus (1960) de Vercors, ou quand notre écrivain se souvint de "l'Office interplanétaire de Coopération intellectuelle" de "M. Jean Bruller, de la Section Terrienne" (pour patienter avant de lire mon article, retournez sur la page consacrée à André Maurois, et sur celle de l'ouvrage Sept Sentiers du désert dans lequel la nouvelle "Les Castors de l'Amadeus" avait été intégrée).

 

2)  Je vous invite à (re)lire mes articles de cette année consacrés aux liens entre Vercors et le capitalisme. Allez également lire cet article de Nicole Racine consacré à L'Heure du choix ( 1947), l'ouvrage collectif que les compagnons de route Claude Aveline, Jean Cassou, André Chamson, Louis Martin-Chauffier et Vercors rédigèrent pour mettre en garde le PCF. Ecoutez cette émission consacrée à Vercors.

3) Récapitulatif des RV le 1er du mois 2017/2019.

 

 

 

 

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Ce site, ouvert le 10 juin 2006, propose une présentation générale de Jean Bruller-Vercors au-delà d’un double silence, un mot aux résonances profondes dans l’univers personnel et artistique de l’auteur : le silence qui le consacra comme un mythe de la Résistance, cet incontournable Silence de la mer publié clandestinement sous l’Occupation; et le silence, injuste, de l’histoire littéraire façonnée par une université peu intéressée par cet intellectuel et son oeuvre.

De 2006 à 2011,  j'ai mis en ligne une bio-bibliographie générale et un parcours de nombreux ouvrages dans la perspective d'un cheminement introductif à un univers plutôt que dans celle d'une étude exhaustive. A partir de 2011, date de la fin de ma thèse, libérée de l'orthodoxie majoritaire de l'Université et de ses acteurs, j'ai ajouté deux orientations:

- une perspective biopsychographique. Toute la philosophie de Jean Bruller-Vercors est la transcription autobiographique d'un homme à la croisée de trajectoires sociales, familiales, genrées, politiques, idéologiques. Sa philosophie est celle d'un individu que j'analyse dans les plis singuliers du social. Est-ce une interprétation excessive de ma part? Dans ce riche entretien de 1991, Vercors entérine explicitement ma démarche: "Chacune de mes expériences correspond à un personnage. C'est comme cela que travaille la majorité des écrivains: Flaubert avait répondu à cette question "Madame Bovary, c'est moi". Ceci est valable pour tous mes personnages".

- une perspective critique à l'aune des recherches actuelles: la période contemporaine vient de longues décennies du passé. Vercors était ancré dans une temporalité, ce qui explique certaines erreurs d'interprétations. Depuis, les recherches ont affiné, voire souvent rectifié les approches en tous domaines. Il n'empêche que la doxa conformiste de notre époque s'entête dans ce monde ancien largement démenti par les découvertes nouvelles, au point que les "idées zombies" empêchent toute progression humaniste (pour une explication du concept, que l'on peut utiliser dans d'autres domaines que l'économie, écoutez les premières minutes de cette émission) . La parole universitaire, parfois plus brullerienne que Bruller, quoique ponctuelle, perpétue une anthropologie erronée propice à l'immobilisme. C'est une hypocrisie de la recherche en sciences humaines que de se proclamer neutre. Je pourrais prouver à chaque exégèse que le discours est orienté, du niveau le plus explicite jusqu'au plus invisible lorsque la traduction de la pensée de Vercors est seulement expliquée sans pointer les questionnements possibles.

Au-delà de l'obsolescence compréhensible de certains pans de son oeuvre, des propos, des prises de position, des actes courageux de Vercors devancent grandement son temps. Ils sont d'une grande actualité et orientent notre monde vers un progressisme nécessaire. Je tente de le démontrer en convoquant des penseurs passés et contemporains, pour la plupart hétérodoxes et radicaux, ce qui ne signifie pas que j'adhère à l'ensemble de leurs concepts.

Ces diverses perspectives posent in fine la question fondamentale de la philosophie morale à laquelle Jean Bruller-Vercors était viscéralement attaché. Tiraillé entre des courants contradictoires, ce double artiste transmit les préconisations idéalistes et chrétiennes, tout en aspirant en grande partie à l'aboutissement anthropologique humaniste: libération de l'humain, respect de sa personne et de tous ses besoins fondamentaux comme condition de l'épanouissement de l'être moral et de l'exercice du  respect de l'autre, dignité (pour saisir les enjeux de ces deux anthropologies antagonistes, écoutez cette pertinente émission). Son élaboration complexe ne doit pas cacher l'essentiel de cet honnête homme : le dire théorique coïncide majoritairement avec le comportement. C'est dans cette alliance  concrète que réside son humanisme. 

(ma bio-bibliographie)

 

 

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Mes articles en ligne:

Jean Bruller dans les années 30

Jean Bruller et le colonialisme dans son art

La Quinzaine critique

Vercors et l'imprimerie

La Bibliothèque dans Le Silence de la mer

 Maitron

Vercors et Edgar Poe

L'esthétique du livre

Traversce

 

  Les Brèves (février à juin 2012)